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ROBIN RIVATON,
ÉCONOMISTE, AUTEUR
DE LA VILLE POUR TOUS
Le magazine
La technologie ne va ni ralentir, ni inverser
ce mouvement.
Nous sommes rentrés dans une économie de
l’échange, de la connaissance et de la confrontation. La thèse affirmant que, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la
communication, nous allons réussir à décentraliser l’activité économique n’est pas visible sur
le terrain. Le télétravail stagne depuis dix ans
aux États-Unis. Tous ceux qui pouvaient y recourir s’y sont mis et l’amélioration de la qualité des communications ne fera guère évoluer
cela. Les métropoles subissent des phénomènes
centripètes poussant à la concentration dans leur
cœur même. C’est le cas de la Silicon Valley,
située à quarante kilomètres de San Francisco.
Face à la difficulté à attirer les talents, les entre­
prises autrefois retranchées dans le sud de la baie
ont ouvert des bureaux dans le centre de San
Francisco. Il y a deux ans, Facebook n’avait aucun bureau dans San Francisco mais un campus
immense à Menlo Park. Aujourd’hui, le réseau
social loue 111 000 mètres carrés dans le cœur
du quartier de Transbay. L’ère des grands campus
excentrés ou mal connectés au centre-ville semble
se refermer.
Parce ce qu’est là que sont la richesse et le progrès social, la seule solution est bien de permettre
à ceux qui le veulent d’avoir accès au centreville. La première solution est la densification.
Haussmann laissait construire jusqu’à sept étages
pour une aire urbaine, départements de Paris,
Saint-Denis et Sceaux, de 1,7 million d’habitants.
Aujourd’hui on ne dépasse guère cette hauteur
alors que nous sommes six fois plus nombreux
sur la même zone. Cela nécessite un immense volontarisme politique car les électeurs d’une ville
ne se posent jamais la question des désirs de ceux
qui habitent au loin. C’est le problème du château
fort : ceux qui vivent dedans ne veulent pas abaisser le pont-levis pour faire entrer ceux qui sont à
l’extérieur.
L’autre problème de l’hypercentre des métropo­
les, c’est l’absence de liquidité du marché immo­
bilier. Dans la Capitale, le volume d’offres par
rapport au parc a dégringolé ces dernières années,
expliquant en partie la flambée des prix.
Seulement 35 000 biens sont vendus sur un parc
de 1,4 million de logements. Cette faiblesse de
la rotation s’explique par la faiblesse des coûts de
stockage. Pour refléter les vrais coûts de la propriété immobilière, il faut basculer d’une fiscalité
de flux vers une fiscalité de stock. Assis sur la
valeur nette des biens, un impôt à taux unique
– autour de 3 à 4 % annuel – inciterait les propriétaires de longue date, qui pour la plupart ont
remboursé leur crédit immobilier et acquis à des
prix bas, à céder et à réaliser leurs plus-values. u
65
Acteurs du Grand Paris
« HAUSSMANN LAISSAIT
CONSTRUIRE JUSQU’À
SEPT ÉTAGES POUR UNE AIRE
URBAINE, DÉPARTEMENTS
DE PARIS, SAINT-DENIS
ET SCEAUX, DE 1,7 MILLION
D’HABITANTS. »





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